Présentation

Catégories

W3C

  • Flux RSS des articles
Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 17:19

Rebrousse-poil
Poil à gratter
Gratter le vernis
Vernis...sage
S'ag...iter ne résout rien

A présent que les projecteurs se sont déplacés vers d'autres considérations, j'ai envie de revenir vers ce qui me semble crucial par les temps qui courent: la liberté d'expression.

Ces dernières semaines, nombre de polémiques sont nées des sorties médiatiques plus ou moins hasardeuses, adroites ou maladroites auxquelles se sont livrées des personnalités publiques de tous domaines, tant artistique que politique. En vrac, on pourra citer Georges Frêche, Stéphane Guillon, Eric Zemmour, Eric Besson, Didier Porte, mais la liste peut sans peine s'allonger, tout comme le tombereau de réactions qui ont pu suivre dans les uns et les autres cas.

Rebrousse-poil, disais-je en ouverture, parce que je prend le risque de ne pas être compris dans ma position. C'est pourquoi je vais tenter de l'expliciter de la manière la plus claire possible.

La liberté d'opinion est un principe inaliénable et son corollaire est la liberté d'exprimer son opinion. Ça semble évident, dis comme ça. Sauf qu'avec le temps, cette liberté d'expression a pris bien des coups sous la ceinture et la plupart du temps pour des raisons qui, au départ, étaient louables. On a progressivement limité son principe de manière à ce que l'expression de l'opinion soit libre à condition qu'elle ne choque personne. Autrement dit, je peux dire ce que je veux, du moment que personne ne se sente offensé par mes propos. Autant dire tout de suite que je ne peux pas dire grand chose. Dès lors que j'exprime une opinion, il y a 99% de risque que quelqu'un estime, à tort ou à raison, être offensé par cette opinion. Je cours donc le risque d'être poursuivi pour des raisons de principes (ou pour des raisons beaucoup moins louables, d'ailleurs).

Dès lors, quid de la liberté d'expression ? Voilà le postulat.

Dans les exemples, faciles je le concède, mais si symptomatiques, que je citais plus haut, la question devient ubuesque.
Les mêmes qui défendent Stéphane Guillon («coupable» d'une chronique acerbe mais néanmoins excellente – cherchez un peu, vous la trouverez sur le net – sur Eric Besson) tombent à bras raccourcis sur Eric Zemmour et ses déclarations dans l'émission «Salut les Terriens» d'Ardisson. A l'argument un peu facile qui consiste à considérer que le champs d'intervention des deux est différents (l'un est humouriste et l'autre est chroniqueur) je répondrais que la liberté d'expression n'a pas à s'appliquer différemment selon le champs professionnels d'origine de celui qui tient les propos. Autrement, on en vient à des extrémités comme celle qui permet de rayer des cadres un gendarme coupable d'avoir exprimé sa réticence au rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur (comment cela, c'est arrivé ? Ah bon ? Ben comme quoi le devoir de réserve est bien une restriction rendue légale de la liberté d'expression !).
Je compléterai mon propos en rejoignant la position de Didier Porte qui estime que les humouristes portraiteurs comme Guillon ou lui-même ne peuvent pas se masquer derrière le paravant du «c'est pour faire rire» et que leur travail est beaucoup plus journalistique que ne le laisse penser la case dans laquelle on veut bien les ranger. C'est d'ailleurs, à mon sens, tout l'intérêt de l'exercice et si le but n'était que de faire rire, il y a bien longtemps que je me serais détourné de cette tranche matinale de France Inter, tout comme je ne vois aucun intérêt à écouter Gerra faire ses pitreries de bas étage (oh ! J'ai livré une opinion ! Tant pis pour ceux qui aiment l'humour de Gerra et se sentiraient offensés).
Dans l'affaire de Frêche, les grilles de lecture sont innombrables. Et on voit dans ses propos ce qu'on veut bien y voir, ou encore ce qu'on a intérêt à y voir. Franchement, si ces mêmes propos avaient été tenus à l'égard de tout autre responsable politique que Fabius, Bartolone ne serait jamais monté au créneau … On pourra toujours rétorquer que Frêche savait parfaitement ce qu'il faisait. Certes. Mais ceux qui ont monté l'affaire derrière aussi. Bien avant la question de la moralité, ce qui les a motivé, c'est de tenter de décapiter une fédération (importante de surcroit) acquise à Ségolène Royal. Quand au procès intenté au système féodal mis en place dans l'Hérault et plus largement dans le Languedoc-Roussillon, je les renvoie à leur mauvaise fois et les engage à poursuivre sur cette remise en question partout où ce serait utile, et par exemple dans le Nord Pas-de-Calais où l'ogre Percheron que tant de monde déteste, à tel point qu'il n'a jamais eu le courage d'affronter l'électorat dans une consultation personnelle et sur son nom, fait pourtant la pluie et le beau temps. Je vois déjà les «UMPistes» se délecter de mes propos. Ne «bandez» pas trop vite, les exemples ne manquant pas non plus dans votre camps. Balkany et son éminence grise (Didier Schuller) n'est pas en reste. Tous les grands responsables sont d'abord des «dictateurs» locaux en puissance, qui utilisent une liberté d'expression à géométrie variable.

J'en reviens donc à mon explication d'origine. Il ne peut pas y avoir une liberté d'expression bonne à dire et une qui n'a pas droit de citer.
Si je reprend les exemples précédents, on ne peut pas estimer que Guillon a le droit d'exprimer sa défiance vis à vis de Besson et interdire à Zemmour d'estimer que les trafiquants sont majoritairement noirs et arabes.
J'ai très peu entendu de détracteurs de Zemmour utiliser le seul argument qui vaille face à ses déclarations. Dans ses propos, il manque un mot important: condamnés, la plupart des trafiquants condamnés. Ce qui a pour effet de limiter la portée immédiatement car elle permet d'enchaîner sur la question des arrestations, donc des interpellations, donc des contrôles et donc du «délit de facies» qui est le véritable scandale de cette affaire car elle permet de sortir du cadre du «racisme» qui est une opinion pour atteindre le cadre de la «discrimination» qui est un acte.

On arrive là à une question essentielle. J'ai été responsable local de SOS Racisme. Je ne le suis plus. Parce que je ne pouvais pas me situer dans la vision très particulière de cette association. Je respecte énormément l'engagement de ses membres dans leur combat quotidien contre les idées racistes. Mais je suis en désaccord avec quelques principes posés et certaines des méthodes utilisées. L'une des grandes victoires avancées par SOS Racisme est la constitution par la Loi du délit de racisme. C'est à mon sens une erreur. La Loi n'est pas faite pour combattre une idéologie. Elle est faite pour combattre la mise à exécution de celle-ci: la discrimination, le négationnisme, l'atteinte aux droits de l'homme, …
Le racisme se combat sur le banc des bistrots, la discrimination sur celui des tribunaux.

Attention de ne pas se laisser embarquer dans une société où seul le «politiquement correct» aurait droit de citer. Car alors, qui fixerait ce qui est «correct» et ce qui ne l'est pas ?
Voltaire, qui n'a peut-être pas dit que des choses intéressantes, a malgré tout résumer tout cela dans la célèbre expression: «je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis, mais je me battrais pour que tu aies le droit de le dire». C'est d'ailleurs ce qui poussé Bruno Gaccio, qu'on ne peut pas accuser de racisme, à prendre la défense de Dieudonné il y a quelques mois de cela.

Je terminerai cette petite chronique par un lien vidéo. Il s'agit d'un enregistrement Live de Marcel et Son Orchestre à Clermont dans lequel vous pourrez découvrir (ou réécouter !) la chanson Susceptible (album Bon Chic Bon Genre - 2009). Ce lien n'est qu'une illustration de mon propos. La chanson résume en partie mon état d'esprit par rapport au concept de liberté d'expression mais n'engage en aucun cas le groupe.
http://www.facebook.com/chbab?v=app_2392950137&ref=profile#!/video/video.php?v=1306994589751

Et comme j'ai pour principe de m'appliquer à moi-même ce que je pose comme pré-requis et que j'adore les débats d'idées, les commentaires seront les bienvenus, qu'ils aillent dans mon sens ... ou pas ;-)

Par olivier huyghe - Publié dans : Denonce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 17:18

Impossible d'y échapper, à moins d'avoir accompagné Jean-Louis Etienne dans son survol du Pôle Nord en montgolfière … et encore !
J'essaierai bien de résumer mais c'est pas facile. Il paraîtrait que l'entourage de Nicolas Sarkozy aurait fait intervenir les services secrets pour enquêter sur la possible responsabilité de Rachida Dati dans les bruits qui courent sur une vie privée présidentielle qui serait chaotique.

Ah ben oui ! Il y a de quoi faire les gros titres, les ouvertures de JT, les chroniques politiques et les analyses sociologiques qui vont bien.

Alors soyons clair ! Moi, les malheurs de Sam et Zette au Château … j'en ai rien à carrer. Par contre, ce qui m'intéresse au plus haut point, c'est la disproportion des réponses, la couverture apportée à ce non-événement, les déclarations des caciques de tous bords et les commentaires d'internautes que je trouve derrière les articles.

Côté disproportion, c'est vrai qu'on fait dans la démesure. Les Services Secrets … rien que ça ! Mais bon, c'est pas la première fois. Et au lieu de s'offusquer, de jouer les vierges républicaines bafouées, les socialistes feraient mieux de se rappeler les us et coutumes miterrandiens. Ca ferait plutôt rigoler, s'il ne s'agissait pas d'un énième fait du prince. Pourtant, si les malheurs conjugaux du Président étaient avérés, nul ne niera l'influence néfaste qu'une révélation aurait sur la crédibilité au plan international de celui chargé d'aller parler d'égal à égal avec les Berlusconi, Obama et autres «grands de ce monde». Oui, mais voilà, tout le monde sait que cette rumeur n'avait aucun fondement, alors à quoi bon remuer ciel et terre au risque de se ridiculiser.

Mais en fait, très rapidement, alors qu'en France, la rumeur n'avait justement pas pris racine, c'est le zèle avec lequel certains ont décidé de mêler ostensiblement Dati qui a commençé à «buzzer» (désolé M'sieur Joyandet, à moins de 116500 €, j'ai décidé de continuer à employer ces termes là !).
Dès lors, l'opportunité d'une histoire mêlant intrigues, jalousies, coups de pattes s'offrait aux chiffonniers de la presse, tout cela sur fond de cul, ce qui ne peut que ravir ce bon peuple franchouillard dont on dit qu'il est le plus infidèle du monde. Offuscations, outragitudes de bon aloi se déchainent contre la malheureuse Dati qui au mieux est complètement étrangère à tout cela, au pire ne cherchait qu'à s'offrir un peu de détente entre deux réunions européennes dont on sait qu'elles les suit avec assiduité et enthousiasme.

Mais la pauvre, c'était sans compter sur les déclarations et interviews du sacro-saint cercle des initiés, les Guéant, Guaino et autres conseillers spéciaux (ceux-là même qui ont fait exploser le budget de l'Elysée), qui ne sont rien, ne représentent personne et n'ont jamais cru bon d'affronter la vindicte électorale. Vous me rétorquerez qu'ils ne sont pas là pour ça … non, mais ils ne sont pas là non plus pour prendre le pas sur les ministres qui, eux, ont des comptes à rendre devant le Parlement. Mais je m'égare.

Les commentaires les plus désopilants que j'ai pu lire concernaient l'intérêt supposé des français pour le sujet. Chatel, Lefebvre, les minsitres au sortir du conseil du mercredi et la moitié du bureau du PS déclarant doctement que les français se foutent éperdument de cette rumeur, préféreraient qu'on parle salaires, retraites, réforme de la TP, … et pourquoi pas variations du solde du commerce extérieur entre 2005 et 2010, impact sur l'élevage de moules de la directive européenne 4708 (cherchez pas, je l'ai inventée … ou pas !). Évidemment que tout le pas se passionne pour cette histoire rocambolesque ! On peut le regretter, mais c'est un fait !!! La peoplisation de la politique est passée par là. J'ai même lu un commentaire sur le jdd.fr d'une internaute qui plaignait le pauvre Nicolas (elle a pas encore tout compris celle-là) et lui apportait tout son soutien dans cette épreuve de vie sentimentale (sic !).
Un fin communiquant comme Napoléon Sarkozy ne peut pas ignorer ce qu'il fait quand il décide faire monter la mayonnaise de cette histoire de vrai-faux déboire conjugal. Ou alors, la communication est tellement déplorable qu'il n'a plus qu'à faire ses valises et aller se planquer en Patagonie ou en Papouasie.
Je ne peux m'empêcher de me rappeler la manière dont il avait utilisé sa séparation d'avec Cécilia pour récupérer l'empathie d'une grande part de l'opinion publique.

Mais il faudrait se dépêcher !!! Le Buzz (oh zut, désolé M'sieur Joyandet, mais c'est dur !) est une denrée hautement périssable !!! La Ferme célébrités frappe à la porte !

Par olivier huyghe - Publié dans : Denonce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 17:16

Les régions se sont remises au travail, après l'emballement électoral de ces dernières semaines. Les Président(e)s ont été élu, ou ré-élu, les équipes se sont constituées autour des priorités qui auront été affichées lors des campagnes, avec la volonté plus ou moins sincère d'apporter les réponses promises.

L'ampleur de la défaite de la majorité présidentielle (peut-être pas dans le nombre de régions, mais bien dans le score global) a de son côté modifié profondément la donne. Un mini-remaniement ministériel dès le mardi, l'abandon de la taxe carbone dans la foulée, des voix de plus en plus nombreuses qui dissonent dans un paysage jusque là entièrement cadenassé par l'hyper-prédominance du pensionnaire de l'Elysée. Villepin qui va lancer son propre mouvement. Voilà qui peut donner de l'ambition à l'opposition.

Oui mais voilà ! L'opposition, où en est-elle ?



  • Le Front de Gauche a confirmé son implantation dans certaines régions mais n'aura, au mieux, que permis de stopper l'érosion du vote communiste sans pour autant parvenir à incarner l'alternative d'une gauche de progrès.
  • Le NPA et LO ont fini de s'enfermer dans leur dialectique du «ni … ni...».
  • Europe Ecologie s'est fondue dans le pétrin socialiste, heureuse d'obtenir des postes mais inconsciente qu'elle y perdra sa crédibilité avant d'y laisser son identité.
  • Le PS, grand vainqueur du scrutin va retomber dans ses travers habituels: le phagocytage externe et la course à l'échalote interne. Et en 2012, c'est entre une gauche de renoncement et une droite décomplexée que le choix aura à s'opérer.



De quoi assurer encore de beaux jours à l'abstention et au Front National.

Et pourtant, l'ampleur de la tâche a de quoi responsabiliser tout le monde.

Le mini-remaniement a une maxi-importance.


Il est d'abord l'aveu d'une fracture totale entre les français et le pouvoir. Le peuple a massivement rejeté la politique gouvernementale et conforté le travail des majorités régionales de gauche et pour lui répondre, Fillon redonne un coup de barre à droite. Car qu'on ne s'y trompe pas. N'en déplaise à Baroin, la principale donnée des changements opérés, c'est le remplacement du pitoyable Darcos par un Eric Woerth passé maître dans le forçage de réforme. Après avoir cassé le service public par sa réforme des administrations fiscales (voir article de Le Monde du 03 mars 2010 > Les Français se plaignent d'une dégradation des services publics) c'est au Ministère du travail qu'il va à présent officier. C'est donc lui, le champion de la RGPP (1) qui aura la charge de faire passer une réforme des retraites dont on sait déjà qu'il la veut la plus néo-libérale possible. Les Syndicats ne s'y trompent pas, eux qui, toutes chapelles confondues, ont réagi avec inquiétude à l'annonce de son arrivée.

Une droite sans honneur


Durant toute la campagne, et même entre les deux tours, pour récupérer des voies écologistes, les caciques de l'UMP n'ont eu de cesse de mettre en avant leur bilan jugé positif en matière d'environnement. Un seul mot à la bouche alors: Grenelle. La seule tenue du Grenelle de l'Environnement suffisait à leurs yeux à justifier de leur action. On pourra toujours polémiquer sur ce Grenelle dont de nombreuses personnalités et spécialistes de l'écologie avaient déjà souligné le manque de courage à l'époque. Il suffira cependant de s'arrêter sur l'annonce de l'abandon de la Taxe Carbone pour juger de la pérennité des engagements gouvernementaux en la matière. Alors que la plupart des acteurs politiques ne demandaient que son aménagement, la modification de son système de calcul pour le rendre plus juste et plus efficace (rappelons que le nombre d'exonérations avaient déjà amené le Conseil Constitutionnel à le critiquer vertement), le Gouvernement la jette purement et simplement aux oubliettes, balançant le bébé avec l'eau du bain, sans discernement après d'ailleurs en avoir fait le symbole du respect de ses engagements électoraux. Quel cynisme ! Dans la foulée de cet abandon, Nicolas Hulot, pourtant peu critique sur la politique menée, décide même de se retirer du Grenelle, dégoûté. Plus encore, les voix dissonantes se multiplient au sein même du Gouvernement sur ce nouveau revirement (Chantal Jouanno, rejointe par Nathalie Kosciusko-Morize qui avait elle-même connu ce genre de désagrément avec les OGM). On sait ce qu'il en est de l'engagement écologiste de la droite: «Le virage écologiste de Sarkozy nous a ramené zéro voix. Ça nous en a même certainement fait perdre», pestait un conseiller ministériel au soir de la défaite des régionales résumant un sentiment dominant à droite. La preuve en est faite, l'écologie n'est qu'un attrape-voix pour l'UMP.

Un rassemblement qui se désassemble


Mais les reproches ne sont plus l'apanage de certains ministres. Dès le soir du premier tour, de nombreux députés accusaient le coup et chargeaient la barque présidentielle de tous les maux. Au rayon des récriminations: la soi-disant ouverture à gauche, la culture de la communication avant tout, l'omniprésence présidentielle, l'omnipotence des conseillers de l'Elysée, au premier rang desquels Claude Guéant et Henri Guaino, tantôt le train trop rapide des réformes, tantôt sa lenteur.
Pour la première fois, Sarkozy est critiqué même dans son propre camp. La remise en cause du «Bouclier Fiscal» fait son chemin, la hausse faramineuse du gaz prévue au 1er avril fait réagir les élus de proximité même de droite. La posture va-t-en-guerre de Napoléon Sarkozy ne fait plus recette.
Alors qu'on nous vantait l'unicité de la droite et son rassemblement tout entier derrière le président (par opposition bien entendu à la cacophonie du PS), on découvre que la défaite des régionales laisse s'échapper les ambitions personnelles des uns et des autres. En cette fin du mois de mars, la liste des prétendants ne cesse de s'allonger tous plus hypocrites les uns que les autres: Fillon, Villepin, Bertrand, Coppé, Juppé qui seront peut-être bientôt rejoints par Chatel et Baroin. On parle même de primaires là où on nous vantait la qualité naturelle de Sarkozy à se succéder à lui-même.

Mais alors à la gauche d'en profiter, me direz-vous ! Ce serait sans compter sur les mauvaises habitudes trop longtemps ancrées.

 

  • Au PS, si la victoire est à porter sans ambiguïté au crédit de Martine Aubry, elle qui a eu le courage de sacrifier le Languedoc-Roussillon plutôt que de se coucher devant Frêche, il semble difficile aux «présidentiables» de l'avouer. Ainsi, DSK tente de minimiser le rôle d'Aubry, Royal, après avoir brûler la politesse à sa première secrétaire dans ses déclarations du second tour, refuse de se joindre aux autres présidents de région pour la «photo de famille», Valls ménage ses billes, Delanoë mesure avec parcimonie ses félicitations. Là ou ils sont tous d'accord, c'est pour tenter de squizzer le premier tour en 2012, en prenant prétexte du fort score réalisé par le FN dans les régions où il a pu se présenter et/ou se maintenir. La ritournelle du vote utile va reprendre, reléguant les alternatives de gauche à des fauteurs de troubles qui prennent le risque de propulser le FN au second tour des futures présidentielles. Une fois de plus, le PS instrumentalise à sa sauce le vote d'extrême-droite, comme Miterrand en son temps pour affaiblir la droite artificiellement et réduire au silence la Gauche de Changement.
    Et tant pis si au passage, des régions comme la nôtres voient leur électorat populaire se réfugier dans l'abstention ou la politique de la peur et de la haine. Tant pis si des communes comme Henin-Beaumont deviennent la honte d'une population qui aura tant donné aux idéaux de gauche.
    Le PS n'est plus qu'une gauche de renoncement, tout juste bonne à placer le cataplasme sur la jambe de bois. On ne l'a d'ailleurs pas entendu remettre en cause l'AGCS (2) depuis longtemps.
  • Europe Ecologie, après une tentative intéressante pour proposer une offre globale d'écologie sociale et politique, retombe dans ses travers. A force de vouloir draguer toutes les sensibilités environnementales, de gauche comme de droite (le CAP21 de Corine Lepage est en passe de les rejoindre), elle va à nouveau réduire son champs de proposition à l'écologie. Et dans le cas contraire, elle ne sera que le volet écologique du PS, y perdant alors toute son identité.
  • Le Front de Gauche (PC + Parti de Gauche + Gauche unitaire + alternatifs) risque, très rapidement de s'émietter dès lors que les intérêts particuliers de ses composantes seront différents. Déjà des voix s'élèvent pour souligner que c'est le PC qui a offert ses places à ses partenaires alors qu'ils ne lui ont pas apporté beaucoup de voix supplémentaires par rapport à 2004. C'est en grande partie vrai. En Ile de France, le Front de Gauche a éclaté autour de la question de la participation à l'éxécutif régional, acceptée sans condition par les élus communistes. Se posera également la question du leadership à l'approche des présidentielles. Pour le moment, c'est Mélenchon qui est naturellement le plus susceptible de représenter le Front de Gauche dans une élection personnelle de ce niveau. Mais les communistes seront ils prêts à accepter qu'il n'y ait pour la première fois pas de candidat PC à une présidentielle ?


  • Heureusement, partout en France, des femmes et des hommes refusent toujours d'abdiquer devant le marché, l'individualisme, la société de la peur. Un jour, toutes et tous se mettront ensemble pour offrir la seule alternative possible, celle qui met les mains dans le cambouis sans renier ses engagements, celle qui remet enfin le citoyen au coeur des préoccupations, celle qui ne laisse personne au bord de la route, qui refuse que les services publics soient rattaché à l'AGCS ... celle de l'humain.





    -------------------------- -------------------------- --
    (1) Révision Générale des Politiques Publiques: Processus d'affaiblissement des Services Publics pour mieux préparer leur inclusion dans l'AGCS

    (2) Accord Général sur le Commerce des Services: volet spécifique de l'accord instituant l'OMC en 1994 qui prévoit la marchandisation et la mise en concurrence des Services, y compris les Services Publics d'Etat. Premières traductions constatées en France: les telecoms, la distribution postale, la distribution d'energie, … Pour le moment, l'éducation et la santé en sont exclus … pour le moment.
Par olivier huyghe - Publié dans : Denonce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Derniers Commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés