Voilà, c'est fait, les élections cantonales et municipales sont passées. Il reste beaucoup à dire sur cet épisode de la vie démocratique de notre pays. Je m'étais astreint à ne pas m'epancher dans
l'entre deux tours. Je suis à présent libéré de cette astreinte.
Sur un plan local d'abord, je saluerai la formidable victoire à Boulogne sur mer de Frédéric Cuvillier, à la tête d'une liste d'union de la gauche, élu dès le premier tour avec 72% des voix. Une
droite divisée, pas crédible et peu talentueuse a bien entendu facilité les choses, mais les Boulonnais ont avant tout su reconnaître le formidable bilan de leur maire sortant qui en quatre ans (il
avait succédé à Guy Lengagne en cours de mandat) a su leur redonner la fierté de leur ville, l'embellir, la rendre à nouveau attractive ... Si on ajoute à cela le contexte national
favorable, on a l'explication d'un tel plebiscite. Même dans les quartiers traditionnellement de droite, sa liste est arrivée en tête ou de très peu en second. Cela me gêne d'autant moins de
dire cela que je n'étais pas sur la liste et que chacun sait que je ne lui étais pas de prime abord favorable et que je ne suis pas toujours en accord avec lui sur des choix internes au
PS. Les Boulonnais ont dû aussi apprécier le front uni présenté par la gauche dans ce scrutin. Boulogne méritait l'Union, elle l'a eu.
Je salue également la très belle réelection, au premier tour aussi, de Claude Allan aux élections cantonales. Cela récompense un travail sérieux et constant que tout le monde lui reconnaît.
Plus généralement, dans le Pas-de-Calais, il y a tout lieu d'être satisfait. Le Front National a lamentablement échoué dans sa tentative de prendre Hénin-Beaumont en appelant la Marine à la
rescousse, des villes importantes comme Saint Omer, Berck, ... basculent à gauche, six cantons supplémentaires rejoignent la majorité au Conseil Général et permettront à Dominique Dupilet
d'intensifier encore le soutien départemental aux plus démunis ...
Quelques points noirs cependant, comme Etaples, Béthune, Wimereux, ... où les dissidances auront fait bien du mal. Des leçons à retenir et de la rigueur à retrouver sans nul doute. Et puis
bien sûr Calais, où le FN réalise indirectement ce qu'il a raté à Heinin. Calais où une liste de droite soutenue par l'extrême-droite et comportant des personnalités transfuges aigries et
sur-ambitieuses, a mené une campagne indigne, sans projet, sans perspective, uniquement axée sur la destruction de la municipalité sortante. Bon courage à elle pour trouver quoi faire dans
l'urgence faute d'y avoir réflêchi par avance. Je demanderai cependant à mes camarades de SOS Racisme d'être particulièrement vigilants sur la politique municipale à l'égard des migrants et des
populations issues de la diversité.
A Calais, laePS devra rebondir, reprendre le flambeau d'un PC abattu et je sais bien moi qui devra la mener pour reconquérir cette grande ville. Puisse-t-il être soutenu comme il le mérite
!!
Enfin, bien entendu, il y a les excellents résultats nationaux. Entre Toulouse, Strasbourg et Rouen qui v
basculent et Lille Lyon et Nantes qui confirment, ce sont 6 des 8 grandes métropoles (seules manquent Marseille et Bordeaux) qui sont brillament tenues par la Gauche. Sans compter les 9 conseils
généraux qui portent à 60 sur 101 les majorités départementales de Gauche pour ces collectivités locales si cruciales pour des millions de nos concitoyens (n'en déplaise à Jacques Attali).
On aura beau ergoter sur les résultats, 42 villes de plus de 20000 habitants de plus, 51% contre 44% aux cantonales, la victoire de la Gauche est incontestable. Ce n'est pas le raz-de-marée
(
voir un précédent article) espéré mais le succés est indéniable. Mais quelle interprêtation peut-on en tirer ? Que signifie
le désaveu des français pour le Gouvernement. Dans un premier temps, les responsables politiques de la Droite ont cherché à nier la dimension anationale de ce scrutin tout en inter^rétant
l'élection de certains ministres comme un soutien à la politique gouvernementale. Il faudrait savoir ! Puis est venu le comble: les français auraient par leur vote manifesté leur impatience et donc
leur envie de voir la politique actuelle s'intensifier, plus haut, plus loin, plus fort. Quelle mauvaise foi !
Il n'est bien entendu pas question de voir dans ces élections le 3è tour d'une élection présidentielle perdue par la Gauche. Pour autant, il n'est pas interdit de penser que voir un encouragement
populaire dans l'issue de ce scrutin est pour le moins étonnant. Nicolas Sarkozy a été élu il y a 10 mois, sur un programme certes. Mais il a d'abord recueilli l'approbation des français sur des
objectifs, une ambition qui a paru plus claire que celle affichée par Ségolène Royal. Il a depuis lors fait fi de ces objectifs, trop occupé à tenter d'éteindre toute solidarité pour véritablement
mettre en oeuvre la politique propice à atteindre ces objectifs.
Ce n'est pas le rythme des réformes que les français désapprouvent, ni la nécessité de celles-ci. Ce sont les réformes retenues qui font douter. Etait-il si urgent de défiscaliser les droitss de
succession ? Plus urgent que de donner un coup de pouce au SMIC ou aux petites retraites ? Etait-il si urgent d'augmenter le traitement de Président de la République ? Plus urgent que de réunir une
conférence salariale qu'on nous promet depuis si longtemps (Xavier Bertrand encore dimanche soir sur France 2 !) ?
Ce n'est donc pas la nécessité de changer, de réformer que les français remettent en cause, ce n'est pas non plus la lenteur des résultats soit disant escomptés qu'ils déplorent. Ce sont les
priorités qui auront été celles de ce gouvernement des nantis.
Avant de faire des heures supplementaires, il faudrait avoir du boulot. Avant de faire artificiellement baisser les chiffres du chomage, il faudrait donner les moyens de subvenir aux besoins des
populations concernées. A ce propos, tordons le coup à l'un des slogans de campagne de la Droite seon lequel la gauche recourrait systématiquement à une hausse de la fiscalité dans les
collectivités dont elle a la charge: la courbe des bénéficiaires du RMI, payé par les départements - de gauche en majorité- est inversement proportionnelle à celle du chômage, par l'effet des
radiations d'office. Ce qui signifie que les départements ont vu leurs dépenses augmenter très fortement alors que l'Etat qui par ailleurs économisait, n'a pas reversé l'enveloppe correspondante.
Dans le Pas-de-Calais, pour 2007, ce sont 113 Millions d'Euros qui manquent dans le tour de prestidigitation du gouvernement. Ils faut bien les trouver. Sans compter le paiement de l'APA. Hors,
c'est essentiellement par des mesures d'économie interne que le département aura réussi a boucler son budget sans recourir à l'impôt. Je n'en dirai pas autant du Conseil Général des Hauts de Seine.
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