Il nous a fait part d’un « d’abord » mais il n’y avait pas « d’ensuite » ! Et bien le voici.
C’est au JT de samedi que j’ai appris la fin du voyage du TARA. C’est dans ce même JT qu’une autre dérive m’est apparue. Celle de l’érosion continue de la côte de
popularité de Nicolas Sarkozy. 37% !!! Jamais un président n’avait vu sa popularité s’effondre aussi bas en aussi peu de temps. Les raisons peuvent en être nombreuses, au premier rangs
desquelles, j’ose espérer que la dangerosité du personnage n’est pas étrangère.
Et puisque je parlais récemment de dérive, la métaphore est facile. Car que dire des récents volontés présidentielles exprimées au travers de la Loi sur la Rétention
de Sûreté de Rachida Dati, la Garde des Sceaux.
Sur le fond, je ne trouve pas choquant qu’un individu dangereux soit enfermé. Voilà qui rassurera ceux qui voient dans les militants de gauche les
défenseurs des criminels. Par contre, qu’un individu soit maintenu en détention, au delà de ce que la Justice Populaire lui aurait infligé par la Cour d’Assises, voilà qui me paraît pour le moins
singulier. Même si je fais un raccourci, j’y vois la prédominance donnée à l’administration sur la Justice pour aller plus loin. Et quitte à ce que ce soit le cas, je préférerais largement que
les condamnations initiales soient plus lourdes mais qu’à l’inverse, elles soient aménageables à la baisse par le biais de remises de peine conséquentes en cas de réinsertion psychologique ou
sociales avérées.
Sur la forme, je trouve particulièrement immonde l’utilisation populiste qui est faite de la commisération envers les victimes. Que souhaite t-on ? Exalter un esprit de vengeance ? Ce
n’est pas le rôle de la Justice ! Protéger les futures victimes potentielles ? sur quels critères ? Comme l’a si justement remarqué Robert Badinter, nous passons d’une Justice de
responsabilité à une justice de sûreté, avec toutes les déviances possibles à l’avenir. Je constate surtout qu’il es de bon ton d’en appeler à ces sentiments lorsqu’il s’agit de tenir enfermés
des criminels potentiellement récidivistes mais que pour remettre en question la dangerosité pourtant avérée de certaines sectes, il n’est plus d’actualité de tenir compte des victimes. Il est
vrai que les criminels de droit commun exercent rarement des activités de lobbying auprès des décideurs politiques et pratiquent rarement l’entrisme au cœur des allées du pouvoir.
Le Conseil constitutionnel, juridiction suprême, a malgré tout validé la plus grande partie du projet de Loi, ne censurant que la rétroactivité prévue. C’est
logique. Une loi ne peut s’appliquer qu’à partir du moment où elle a été votée, voir même une fois les décrets d’application publiés. Oui mais voilà ! Cette non-rétroactivité, pourtant de
bon sens, ne semble pas plaire au Président Sarkozy. Le voilà alors qui s’engage sur une pente savonneuse, celle du contournement. Il demande à Vincent Lamanda, 1er Président de la
Cour de Cassation, donc 1er magistrat de France, de trouver les subterfuges qui lui permette de passer outre le Conseil Constitutionnel !
Alors comment s’étonner qu’à travers le pays un souffle gronde ? La République est en danger ! La désobéissance civile deviendra-t-elle le refuge des vrais
républicains ? Le principe de précaution à l’égard de nos institutions doit-il être exigé par le peuple ? Dans l’actuelle dérive, si les voies de recours susceptibles de sauver la
démocratie continuent de s’obstruer, il ne faudra pas s’étonner que la rue parle … et qu’elle agisse !
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