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Lundi 18 février 2008 1 18 02 2008 19:27


J'ai déjà eu l'occasion dans ces colonnes d'aborder ce sujet. Mais il est  d'importance. Oh bien sûr, il peut paraître secondaire au regard des multiples problèmes que rencontrent nos concitoyens dans leur quotidien (baisse du pouvoir d'achat, problèmes chroniques de logement, difficultés à  acéder à un service médical spécialisé dans des délais raisonnables, ...). Et pourtant, il est essentiel. Il peut également paraître secondaire au regard du faible retentissement médiatique constaté: quelques  allusions dans les JT, une ou deux excellentes émissions contradictoires mais à des heures peu propices à la concentration, puis l'oubli. Et pourtant, le sujet reste d'actualité, au delà du discours de Latran, pusiqu'il a connu des développements tout aussi alarmants par la suite.


  • Un élément essentiel et central de notre histoire et de notre avenir.

Les récents sondages ont montré que la côte de popularité de Sarkozy s'érodait très rapidement du fait notamment de l'état de plus en plus déplorable du pouvoir d'achat des Français. Alors bien entendu, la question de la laïcité, dans ce contexte, pourrait ressembler à de l'intellectialismemal plaçé, à du verbiage pour élite, ou encore à un moyen d'occuper les esprits, de trouver un terrain d'opposition favorable. Ce serait bien mal saisir l'étendue de l'apport de la laïcité dans notre société. Ce serait également méjuger l'objectif des défenseurs de cette laïcité en les réduisant au rôle d'anti-cléricaux bornés et sectaires.
Décidemment intérssé à la question, je me suis précipité la semaine dernière à une conférence de Jean-Luc Mélenchon que j'avais déjà eu le plaisir de rencontrer et d'écouter ces dernières années, invité par le club PRS 59-62 (Pour la République Sociale). Son propos concernait l'analyse et la réplique aux récentes sorties politico-théologiques de Nicolas Sarkozy. Son érudition (à Mélenchon, pas à Sarkozy !) m'a permis de relier les différentes impressions que m'avait laissé la lecture solitaire des interventions présidentielles. Elle m'a par exemple redonné les quelques repères historiques qui me manquaient encore. De Latran aux voeux au Corps diplomatique en passant par Ryad, que de raccourcis osés, de déformations, d'interprêtations partisanes ou dogmatiques, d'analyses biaisées pour en arriver à nous faire gober sa nouvelle lubie: la politique de civilisation. Que de dangers aussi dérrière cette ambition, cette vision des rapports internationaux à venir. Que de dégats potentiels enfin dans notre conception du "vivre ensemble" avec cette forme de communautarisme à l'échelle des pays.


  • Conviction personnelle ou Projet Politique ?


A la lecture du discours de Latran ,le républicain convaincu que je suis avait déjà bondi, ici-même d'ailleurs, devant cette harge scandaleuse sur l'un des principes même de notre république depuis 1905. Que le Président de la République Française, en visite officielle de surcroît, remette ainsi en cause le bien fondé de la laïcité, en faisant siennes, donc au nom de tous les français, les récriminations des papes d'alors et d'aujourd'hui, voilà qui dépasse l'idée de rupture. On est beaucoup plus près d'un reniement, d'un désaveu pour les Lois françaises qu'il est sensé incarner, d'une forfaiture. On pouvait alors légitimement s'offusquer, d'autant plus que dans la foulée, le discours de Ryad enfonçait le clou. Mais à la lumière de son intervention à l'occasion des voeux au personnel diplomatique (le 2è réseau mondial), le problème est encore plus grave. Il ne s'agit plus simplement de réencrer la République dans de prétendues racines chrétiennes, mais à partir de là de légitimer l'idée que la France appartient à une famille occidentale elle même formée autour de ces racines.Et ainsi de l'opposer à d'autres familles-civilisations au premier rang des quelles l'Islam. On voit dès lors le danger, au sein de notre nation, d'une telle conception. Tous les citoyens français sont pour le moment désignés apr leur appartenance à la nation, sans distinction de race , de philosophie ou de religion. Avec la politique de civilisation, que deviendraient  des milleirs de français occidentaux par leur culture et musulmans par religion? Et ceux qui ne se reconnaissent dans aucune religion ?


Je ne peux que vous conseiller la lecture de la Réplique de Jean-Luc Mélenchon, particulièrement claire 


et si par bonheur mes explications et plus encore, celles de Mélenchon vous ont réveillées, alors n'hésitez pas à signer l'appel laïque à l'adresse suivante:
http://www.appel-laique.org/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1


Par olivier huyghe - Publié dans : Denonce
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Dimanche 10 février 2008 7 10 02 2008 21:06
    Un dimanche matin ... comme un autre. Quelques courses en vitesse, histoire de remplir un peu le réfrigérateur. Tiens ! sur le parking, une bonne idée. En plus des habituelles places réservées aux personnes à mobilité réduite, on trouve quelques emplacements destinés aux familles avec poussette. C'est vrai, après tout ; si vous avez déjà essayé de sortir un bébé de on siège auto après vous être garé sur els places de parking, sérrés entre les autres voitures, ce n'est vraiment pas une sinécure.La peur d'huerter les véhicules voisins, le souci de ne pas tordre votre bout d'chou da&ns tous les sens, ... Alors vraiment, une bonne idée ! Bon allez, ne place libre juste à côté, je m'y gare. Vite fait le tour du magazin et on ressort.Retoru à la voiture, rangement des courses dans le coffre, du caddy dans la file et hop ! prêts à repartir. Ma tendre moitié peine à atteindre sa portière. Une magnifique Audi A8 vient de se garer à côté de nous et l'individu qui s'apprête à en sortir prend son temps, porte ouverte, indifférent à à l'attentequ'il provoque. Vitres teintées, j'essaie de discerner à l'arrière le bébé qui, je n'en doute pas, attend avec impatience d'être libéré de son harnais de sécurité. Enfin le conducteur sort, ferme sa voitire et s'éloigne d'un pas alerte. La bonne cinquantaine, bien propre sur lui ... mais c'est un médecin bien connu de notre bonne ville. J'ai beau regarder avec attention, je ne distingue pas la progéniture sensée l'accompagner. Pourtant le parking est loin d'être rempli. Mais il est vrai que les quelques mètres supplépentairesqui éloignent de l'entrée du magazin ne sont peut-être pas du goût du personnage. Remarque acerbe et fortement audible de ma part, mais aucune réaction.
    Chemin du retour, et Oups ! un refus de priorité évité de justesse. Le coupable ? une rutilante Vel Satis au propriétaire sûr de son bon droit.

Des anecdotes comme celles-là; moi qui habite un centre-ville qui compte quelques places de statinnement réservées aux "handicapés", je pourrai vous en rapporter chaque jour. Avec toujours le même constat sur la nature des véhicules incriminés: fortes cylindrées, gros prix, grande gueule ... L'âge moyen des conducteurs indélicats aussi: très rarement - de 50 ans. De grands pourfendeurs des incivilités du quotidien, quoi !

Que conclure alors ? En ce qui vous concerne, je ne sais pas. Mais moi, j'enrage contre ces chantres du "retour à l'ordre". Un ordre à leur mesure surtout, où leur prédominance serait confortée. Alors, qu'on arrête avec ces discours sur la perte du sens moral de la jeune génération, ou alors parlons un peu de ces incivilités là, si peu dénoncées, et qui sont bien souvent celles des adeptes d'un discours anti-jeunes, comme une réponse disproportionnée au jeunisme qui a envahi notre société ces derniers temps.

L'incivilité n'a pas d'âge, pas de statut social, elle est multiple et variée, c'est tout. Pour autant, certaines sont-elles moins graves selon l'origine de leurs auteurs. C'est ce qu'on voudrait pourtant nous faire croire.
Par olivier huyghe - Publié dans : Denonce
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 01 2008 21:12

On le pressentait. On le craignait ...Il l'a fait.

Déjà, à l'occasion des émeutes de banlieue de novembre 2005, il y avait eu de quoi être choqué. A l'époque, le ministre Sarkozy avait demandé aux responsables religieux d'intervenir dans les quartiers pour rétablir l'ordre, déléguant par là à des obédiances religieuses ce qui est l'un des devoirs régaliens de la République à savoir la préservation de l'ordre public.

Et puis voilà, le 20 décembre dernier, dans un discours prononcé à St Jean de Latran, curieusement très peu relayé dans des médias beaucoup plus intéressés par la présence ou non de Carla Bruni ou de Jean-Marie Bigard, ces petites phrases, ces allusions même pas masquées.

Et au détour de ces phrases, la réalité prend forme: "Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. » ou encore « Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance. »

Que dire de ces déclarations ? Relier la religion à l'espérance, pourquoi pas. On peut sans mal en convenir, les « croyants » cherchent dans la religion des raisons d'espérer, des réponses aux questions essentielles (d'où venons-nous, où allons-nous …). Pour autant, la religion est-elle l'unique source d'espérance ? Le problème n'est même pas de répondre à cette question. Le problème c'est que le Président de la République laïque Française y apporte une réponse sous forme d'affirmation péremptoire, sensée tombée sous le sens, et niant par là toute autre conclusion, fût-elle empreinte de raison et de justesse.

Plus grave encore, cette autre affirmation selon laquelle seul le religieux pourrait transmettre les valeurs manichéennes. Non seulement cette déclaration pourrait être reçue comme une insulte par les personnels enseignant laïcs mais elle est grotesque au regard de l'histoire du monde. De tous temps, les hommes se sont battus, ont déclenché des guerres, parfois fratricides. Tous les conflits ont toujours eu pour origine 2 grandes causes : l'appât du gain et la religion. Les plus grands génocides ont toujours trouvé leur source dans la volonté d'imposer une religion ou d'en éradiquer une autre.

Dès lors, la religion comme vecteur de valeurs, ça me fait bien rire.

Au contraire, l'humanisme, socle de la République, n'a aucun sang sur les mains. Il ne vise qu'à l'émancipation de l'homme, sa totale liberté de penser, y compris de croire … et d'espérer.

Je me pose toujours une question: lorsque un non-croyant diffuse le « bien » autour de lui, il le fait pour l'autre. Lorsqu'un croyant le fait, le fait-il pour l'autre, ou pour lui ? Différence entre Solidarité et Charité !!!

- lire le discours intégral: http://www.elysee.fr/download/?mode=press&filename=Allocution_Latran_20122007.pdf

- un blog intéressant
http://www.mezetulle.net/article-15005947.html

- Petite explication de Laurent Fabius, invité sur le site d'@si (au passage, abonnez-vous !)
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=295
Par olivier huyghe - Publié dans : Denonce
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