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Mardi 17 juin 2008

(participation Nico)


        Sur l’arbre d’en face une masse somble et imperturbable veillait, sur la plus haute branche d’un vieux chêne. La fée Mélu, qui n’était pas fée pour rien, l’avait remarquée dés son arrivée mais sa discrétion l’avait fais oublier face à ce qui ce passait plus bas . Ce personnage, que la fée Mélu rencontrait pour la première fois faisait partie de ces êtres mystérieux qui ne semblent avoir jamais eu de début et n’auront probablement jamais de fin. Malgré tout les âges, les batailles et les catastrophes qu’il avait pu traverser, celui-ci ne semblait pas avoir plus subi l’usure du temps qu’un nouveau né. A dire vrai personne ne connaissait rien de ce sombre personnage mais de nombreuse légende le précédaient, toutes très différentes. Un monstre ? Un Homme ? Un sage ? Un philosophe? Son apparence était aussi imprécise que l’âge qu’il pouvait paraitre. Un personnage complètement extérieur à ce bas monde et qui pourtant semblait mieux adapté que personne à y vivre. Certainement arrivé à cette endroit par hasard et camouflé par son imposant manteau de toile noir, il observait la scène aussi immobile que l’arbre sur lequel il ce trouvait, jusqu'à ce confondre parfaitement avec lui.

        Efflam, c’était le nom de ce mystérieux personnage. Il n’était, en réalité, pas arriver là tout a fait par hasard. Il était venu jusque ici pour la voir, elle, Mélusine, protectrice du peuple d’Asufel.

        Il avait entendu parler de la fée Mélu dans le sommeil de celle qui était considérée comme la déesse des océans. Cette déesse était un personnage à la fois froid et rayonnant, formé de toutes les contradictions malgré la puissance dont elle disposait sur toutes les mers du monde entier. Il l’avait rencontrée il y a bien des années et la relation qui liait, depuis ce jour, ces deux âmes fantastiques était tout aussi étrange que la façon dont ils s’étaient rencontré.

        C’était plusieurs années auparavant lors d'une nuit de pleine lune ; il était minuit passé, on y voyait pourtant comme en plein jour. Cette luminosité s’estompait au fur et à mesure qu’Efflam avançait, laissant place à un monde en différentes teintes de gris de plus en plus sombres. Il marchait silencieusement, dans la pénombre, aux abords de l’immense forêt qui bordait les montagnes rocheuses nordiques. Seul le fin craquement des feuilles sous ses pieds entrecoupés des hululements des chouettes, composaient l’atmosphère. Mais cette tranquillité tant appréciée fut rompue par un craquement anormal de branche puis un cour grognement.

        Le silence qui s’en suivait était devenu lourd, la lune éclairait la clairière et les rochers mais la forêt d’où venait le bruit n’était qu’un trou noir ou rien ne pouvait être distingué. On pouvait entendre la respiration saccadée de ce qui ne pouvait être qu’un animal d’une taille considérable. Efflam sortit délicatement son épée de son fourreau dans un glissement métallique. Tourné face au danger, le corps toujours aussi droit, l’arme le long de sa jambe. La forêt face à lui s’était figée, les oiseaux s’étaient tus, tous attendaient. C’est certainement à ce moment là que « la bête », avait le plus de pouvoir, le pouvoir de surprendre, d’agir ou non.

        Cela faisait maintenant plusieurs minutes que rien avait bougé, mais en aucun cas il ne doutait de ce qu’il avait entendu en accusant son imagination ou la fatigue, d’ailleurs il n’avait jamais été aussi éveillé, tout ces sens étaient en alerte.

        Lorsqu’un bruit enfin ce fit entendre, il imaginait déjà l’énorme gueule se jeter sur lui, mais au lieu de ça la bête sortit de la forêt, d’un pas sûr. Avancer, avancer, avancer, puis s’arrêter à quelques mètres de lui. Il avait ramené son épée devant lui, pour former une barrière entre lui et l’impressionnante mâchoire qui lui faisait face. C’était un loup garou qui devait facilement atteindre les deux mètres s’il se dressait sur ses pattes arrières, son corps recouvert d’abondants poils gris devait peser un sacré poids et pourtant le bruit de ses pas sur le sol était sourd. Sa gueule crispée était ornée de dent acérés formant une caisse de résonnance et rendant le grognement encore plus inquiétant.

        Efflam gardait son calme, sa respiration s’était accélérée, mais il savait qu’il combattait à armes égales tant que l’animal restait dans son champs de vision. Avec un peu d’habilité, il aurait pu tuer l’animal ou au moins le blesser fortement, même si cette possibilité n’était pas sans risque face à une telle force de la nature. Plus le temps passait, plus cette idée s’éloignait de son esprit, il ne voulait pas lui faire de mal, il n’avait passé que quelques secondes, minutes avec ce monstre mais il se sentait plus proche de lui que de quiconque en cette instant.

        D’un rapide coup d’œil au dessus de l'épaule, il s’aperçut que la grotte dans laquelle il avait prévu de dormir se trouvait derrière lui. Il se déplaça lentement sur le côté, amorçant un demi cercle. La bête suivait le mouvement tout en gardant farouchement les yeux sur lui, un rien pouvait la faire bondir. Le demi-cercle accompli, la bête se trouvait à la place qu’il occupait jadis et lui à la sienne.
       
        Efflam avança d’un pas, la bête ne bougeait pas et était plus que jamais prête à lui saisir la gorge. Il retira sa capuche laissant apparaitre son visage dans la pénombre de la nuit, le visage doux d’un jeune homme aux cheveux noirs, mais son visage se raidit et ses yeux devinrent rouge à en cracher des flammes. L’animal recula pendant que lui avançait. Tous deux se dirigeaient vers la grotte jusqu'à s’y trouver complètement.

        Le loup garou n’était plus couvert par l’éclat de la pleine lune et à la place des cent kilos de monstruosité se trouvait maintenant une fille qu’il lui semblait bien frêle après tant de bestialité. Efflam alluma une torche qui éclaira l’intérieur de la grotte. Elle était presque nue, à demis couchée dans la poussière. Elle le regardait avec un air d’étonnement, stupéfaite de s’être retrouvée si vite dans une telle situation. Il lui tendit une ample cape rouge qu’il sortit de sa sacoche, juste après avoir remis son épée au fourreau. Elle s'enveloppa rapidement dans la cape de soie. Il s’agenouilla pour se trouver à sa hauteur, et lui prit la main:

« Je m’appelle Efflam »

« …Moi c’est Océane »

            C'était la nuit dernière, dans le sommeil d’Océane, qu’Efflam avait vu apparaitre la fée Mélu. Il était partie au milieu de la nuit pour arriver en ces lieux la suivante.

--ooOoo--

         Océane ce réveilla doucement. C’était la troisième nuit qu’elle passait sur terre, et elle ne disposait pas du confort de l’autre monde, ce qu’il lui valut un réveil assez lourd.
A cette heure, le soleil commençait déjà à réchauffer l’atmosphère du bord de mer. Elle avait dormi sur la plage, aux pieds des dunes d’une ville d’un nom étrange : Zuydcoote. Devant elle, la mer du nord s’étendait sur tout l’horizon. La place qu’occupait Efflam à coté d’elle était vide mais la marque de son corps sur le sable était encore visible. Leur fils, Carino, un être singulier, ne faisant pas plus de 30 centimètres, dont le bleu contrastait sur la couleur clair du sable, jouait quelques mètres plus loin avec un crabe désemparé, faisant tantôt trois pas d’un sens, tantôt trois pas de l’autre pour lui échapper.

        L’absence d’Efflam n’inquiéta pas Océane. Ils avaient tout deux pris l’habitude de suivre leur envie et de parfois disparaitre sans laisser de trace, elle plus que lui, et réapparaissaientt quelques jours plus tard. Une attitude qui provoquait parfois des conversations animées et électriques sur ce manque de confiance et de proximité.

        Ils étaient venus tout les trois sur terre, il y a trois jours, à la demande de Marcel62. Après l’apparition du Dieu, ils étaient partis aussitôt pour la terre des Hommes, les pouvoirs d’Océane sur l’eau s’avéreraient certainement d’une grande utilité dans un combat contre les forces du mal qui menace ce monde et l’imprévisibilité d’Efflam avait toujours était bénéfique, souvent bien au delà des espérances.

        Carino abandonna la poursuite du crustacé à l’approche d’une vague plus importante que les autres qui le repoussa près des jambes de sa mère assise dans le sable chaud. Elle décida de longer la cote, elle savait que sa nature, proche de celle d’Efflam, l’emmènerait où il se trouvait. Elle serait bien passée par la mer pour gagner du temps, mais Carino détestait l’eau par-dessus tout. Elle prit donc un peu de temps pour elle avant de se mettre en route vers l’Est.

        Après plusieurs kilomètres parcourus dans le sable sec, la plage s’arrêtait laissant place à une grande digue de béton. Elle était arrivée à Dunkerque, la plage était toujours aussi déserte mais les dunes étaient remplacées par d’énormes immeubles de béton. Plus loin trônait un phare dont la blancheur reflétait la lumière du soleil. Océane revint un peu sur ces pas, et décida de passer par cette curieuse ville. Après quelque pas sur le goudron elle se trouva sur un immense parking. Sur l’imposant bâtiment qui dominait cet espace, une affiche informait de l’imminence d’un concert d’un certain Marcel et de son orchestre avec « les prout »dans les jours prochains, certainement un événement culturel de grande importance étant donner la taille importante de l’édifice qui l’affichait.

        Océane continua bien vite sa route, un peu mal à l’aise, dans cette ville qui était très rapidement devenue une immense fourmilière à cette heure avancée du jour. Carino s’était, quant a lui, complètement réfugié dans sont sac, pour ne pas voir et ne pas être vus.

        Elle revint vite prés de la mer, plus rassurante à ces yeux. Efflam avait du partir en plein milieu de la nuit, elle aurait du mal à rattraper son avance en marchant à cette vitesse. Elle traversa le port, se dirigea vers le bout de la jeté Est, pris Carino dans ses bras, et sous un halo de lumière qui émanait de nulle part, deux magnifiques ailes d’un bleu enivrant, semblable a celle des papillons, apparaissaient dans son dos. Après cette métamorphose, il ne fallut qu’un souffle de vent pour qu'elle disparaisse dans le ciel bleu du printemps.

        La nuit tombait déjà, après plusieurs heures de vol, Océane était arrivée prés d’une forêt dans lequel elle s’aventura sans aucune crainte. Elle ne savait pas exactement où elle allait mais elle savait parfaitement qu’elle suivait le bon chemin. Déjà, au loin elle put apercevoir la source de lumière de Marcel 62 au milieu d’un cercle d’arbre plus que centenaire. Ses yeux s’illuminèrent lorsqu’elle aperçut plus haut, dans un arbre, la fée Mélu. Celle qui lui avait tout appris, celle qu’elle considérait comme sa mère et bien plus.
Par olivier huyghe - Publié dans : La SAGA de Marcel62
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Mardi 20 mai 2008
    "Parcourez le monde" avait demandé Marcel62. Ce n'était pas chose facile, même pour des fées. Loreline, la princesse des fées de la Côte d'Opale ne connaissait que très peu le monde. Jusqu'à présent, leurs ballades ne les avaient tout au plus emmenées qu'à quelques kilomètres. "On a beau avoir des ailes, on ne peut pas rétrécir les distances." pensait-elle en son for intérieur. Il leur fallait des provisions, des relais chez les autres peuples de fées. "Ca ne s'improvise pas comme ça" pesta Hamel, son frère de quelques années plus jeune qu'elle. La responsabilité de devoir guider leur communauté leur était échue peu de temps auparavant, à la mort tragique de leurs parents. Ces derniers avaient été défaits lors de la grande bataille qui avait opposé les fées aux redoutables hommes-sauterelles. La victoire leur avait souri, mais Asufel et Perline avaient succombé sour les coups de l'infâme Masbeth, le sorcier attitré de l'Empereur Noir. Seule l'intervention de Mélusine, le maître-magicien connu sous le nom de Fée Mélu, avait épargné au peuple d'Asufel le même sort. C'est elle qui avait vaincu le sorcier et c'est elle aussi qui avait prévenu Marcel62 de la forfaiture de Masbeth. En tant que maître magicien, elle avait la possiblité de communiquer avec les dieux en cas d'urgence. C'en était une, et elle n'avait pas hésité à s'adresser directement au premier d'entre eux qui n'avait pas tardé à dresser un voile de protection autour de la forêt qu'habitaient Loreline et son peuple.
     Mélu faisait partie de ces être à part, nés à une époque où seuls les arbres peuplaient le monde. De sa jeunesse, elle avait gardé le goût de parcourir avec légéreté la Canopée, sous les rayons réconfortants du soleil. C'était encore le seul endroit où les sbires d'Amecareth n'osaient porter le combat. Lorsque Marcel62, pour aider ses enfants à résister au mal, avait eu l'idée de former un Ordre Magique, c'est tout naturellement qu'il avait sollicité Mélu et certains des autres Mototijibobibi. Etrangers aux luttes de pouvoir, ces derniers étaient apparu sur la Terre à la surprise de Marcel62. Il était leur créateur, comme pour tous les êtres, mais leur esprit lui échappait. L'âme des Mototijibobibi provenait directement de la vie et elle était née en même temps que le premier être vivant. Leur existance était donc intrinséquement liée aux différentes espèces qui peuplaient le monde, arbres, fleurs, animaux, humains, fées, elfes ... D'abord purs esprits, chacun avait ensuite pris les caractéristiques de l'espèce dont il se sentait le plus proche.
        Pour l'heure, Mélu observait, non loin de là, perchée sur la branche d'un arbre, la rencontre entre les quatre jeunes humains et Marcel62. Elle savait que Loreline ferait appel à ses conseils, mais la curiosité la picottait de savoir ce que le dieu pouvait bien trouver aux humains qui lui semblaient si fragiles et si peu en phase avec la nature.

Par olivier huyghe - Publié dans : La SAGA de Marcel62
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Dimanche 18 mai 2008
    Tandis que les intrus hésitaient à s'avancer, la lueur qui émanait de la statuette s'intensifia, à en devenir aveuglante. La figurine grandissait à vue d'oeil, révelant au passage un soin du détail édifiant. Parvenue à la taille d'un être humain, il devenait évident qu'il ne s'agissait pas seulement d'une statuette. Une reproduction n'aurait pu atteindre ce degré de perfection. Un être de chair et de sang venait de prendre forme devant les yeux ébahis des quatre amis. Durant sa transformation, Marcel62 comme il s'était présenté, avait fixé les nouveaux venus avec une rare intensité. Les circonstances n'étaient pas sans lui rappeler l'un des plus anciens souvenirs de sa vie charnelle. Pourtant beaucoup d'autres rencontres avaient emaillées ses visites. Mais celle-ci était restée marquée dans son esprit.
    C'était quelques milliers d'années plus tôt. Une petite peuplade, pour lui desser un temple, avait entrepris de tailler de grands poteaux de bois érigés ensuite dans la plaine en respectant une logique astronomique particulière. Quatre d'entre les bâtisseurs lui avaient alors adressé une prière. Ils désiraient accomplir un exploit qui rende leur temple incomparable et requéraient son aide à cette fin. De nombreux temples existaient déjà et les quatre prêtres-ouvriers avaient de fréquents rapports avec les tribus voisines, toutes pourvues de cercles magnifiques. Ils désiraient que leur temple devienne la référence et un lieu de pélerinage pour les génerations futures, amenant ainsi la richesse et la considération sur leur village. Il leur fallait aussi imposer la prédominance de leur croyance face aux hérésies des autres tribus qui vouaient un culte à des divinités subalternes. Touché par leur dévotion, Marcel62 leur était alors apparu, comme aujourd'hui. Avec le temps, il avait appris à contrôler la formidable énergie qui le constituait et à maîtriser le danger de cette incursion dans une dimension limitée comme celle du monde qu'il avait créé et peuplé. Ayant anticipé la terreur des pauvres humains, il leur destina dès son arrivée une vague d'apaisement propre à calmer très vite leurs sens.
    Une fois calmés, il leur demanda quel était l'objet de leurs prières. Dans une attitude de soumission totale, l'un des bâtisseurs expliqua l'espoir qui animait leur coeur, flattant du mieux possible l'orgueil du dieu tout puissant. Avec amusement, celui-ci leur décrit alors les pierres qu'ils auraient à tailler et surtout le moyen de les convoyer depuis les très lointaines carrières d'où il faudrait les extraire. Pour ce temple, il avait don franchi plusieurs étapes de ses rapports avec ses enfants derniers-nés. Il leur avait enseigné à travailler le bois pour construire des radeaux tobustes, capables de supporter le poids de pierres de plusieurs tonnes, à travailler la pierre pour la tailler, la polir ... Aujourd'hui, en y repensant, un sourire ironique trahissait sa malice. Le plsu grand mystère régnait encore sur la construction et la finalité du site de Stonehenge et de ses peirres bleues de Cornouailles.
Par olivier huyghe - Publié dans : La SAGA de Marcel62
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