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Vendredi 9 mai 2008

Et oui ! Plusieurs jours sans écrire. Au point de me faire rappeler à l'ordre par une copine ! "Ben alors, t'es pas inspiré ces jours-ci ? Pourtant ce ne sont pas les sujets qui manquent !". En effet, c'est vrai, honte sur moi. Mais à ma décharge, je ne pensais pas que ma prose pouvait être attendue de la sorte. Et puis, effectivement, malgré les multiples sujets possibles (8 mai, anniversaire de la création de l'Etat d'Israël, reprise de la guerre civile au Liban, catastrophe en Birmanie, ...) je ne me sentais pas en verve. Jusqu'à mercredi en fait. De retour du boulot, j'avise alors un petit prospectus à côté des boîtes aux lettres. Un mot retient mon attention: DIEU, accompagné d'un gros point d'interrogation. Je le ramasse donc et l'emporte, bien décidé à le parcourir de plus près.

Une fois rentré, un bon petit café plus tard, je m'installe pour découvrir enfin la totalité de ce tract sur papier glaçé. Sur la première page, le titre s'étale "Savez-vous que Dieu s'intéresse à votre santé ?". Tiens donc ! Je retourne le papier et découvre aussitôt une mention manuscrite. Il s'agit des coordonnées de l'Eglise Adventiste locale. Ouf ! pas de panique. Cette église est parfaitement légale. Rien à voir avec une secte. Il s'agit en fait d'une des multiples ramifications de la branche presbyterienne de la doctrine protestante qui, tout athée que je sois, aurait plutôt recueilli mon respect (essentiellement de par la persécution dont elle a été victime au XVI è siècle) si elle ne s'était depuis pervertie dans la manipulation des foules aux USA. par le phénomène des televangelisateurs.


Mais revenons au petit fascicule que je découvre. Comme le titre le laissait penser, il y est question de la santé. Beaucoup d'évidences, de lieux communs, de citations issues de la bible qui coulent de source. Rien de bien nouveau. N'oublions pas que la Bible, bien que livre religieux, est surtout à la bae un ouvrage structurant de la vie en société. Il est normal qu'on y trouve des conseils d'hygiène publique et donc individuelle aussi.

Là où ça commence à se gâter, c'est quand les miracles de guérison sont avançés. "Dieu peut vous guérir. Jésus parcourait toutes les villes et les villages, ... guérissant toute maladie et toute infirmité." Libre à ceux qui le souhaitent de le croire. Mais je refuse qu'on m'afirme cette proposition sans la nuancer d'un "Nous croyons que ...". L'existance de Jésus en tant que personnage historique tel qu'il est décrit, n'est déjà pas scientifiquement avérèe alors ses miracles !

Mais ça continue ! "Dieu veut votre bien-être. Bien aimé, je souhaite que tu propsères à tous égards et sois en bonne santé, ..." Nul doute que les millions de personnes atteintes de cancer, de sida ou de toute autre maladie chronique, ainsi que les centaines de milliers de birmans, de soudanais ...  doivent apprécier d'apprendre cette sollicitude si nouvelle.

Pour le moment, nous avons affaire à un Dieu plutôt sympa, qui souhaite que tout aille bien. Oui évidemment, on connaît le refrain. Quand tout va bien, c'est grâce à lui. Quand tout va mal, c'est ce salopard de Malin qui s'immisce dans l'homme pour pervertir l'oeuvre de Dieu. Seulement voilà. Si je poursuis ma lecture, voici ce que je découvre: "La santé, qu'elle soit physique, mentale ou spirituelle, n'est pas un acident, mais le résultat de la mise en pratique des principes fondamentaux de santé. Ces principes ne se subsitituent pas aux médicaments que parfois nous devons prendre pour soulager nos maux et favoriser la guérison, mais les médicaments non plus ne peuvent pas se subsituer à eux...." Bon, juste ce qu'il faut pour ne pas être accusé de mettre la vie d'autrui en danger. Alors ces principes ? Alimentation equilibrée, sport, pas d'alcool, pas de tabac, ... ? Voyons voir
"Ces principes englobent une bonne alimentation" (on s'en serait douté), "l'exercice physique" (logique), "l'eau, l'air pur, le soleil, le repos" (ouais ben forcement), "et la confiance en Dieu". Et bien nous y voilà ! La confiance en Dieu !

Pauvres amis, si vous ne buvez jamais, n'avez jamais fumé une cigarette, menez une vie saine et équilibrée mais êtes malade tout de même, c'est parce que vous ne faites pas assez confiance en Dieu !

Alors, qu'est-ce que vous foutez, bande d'hérétiques !

En attendant, moi je vous dis SANTE 


Par olivier huyghe - Publié dans : Denonce
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Jeudi 24 avril 2008


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Par olivier huyghe - Publié dans : Deconne
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Mardi 22 avril 2008
Si vous vous intéressez un tant soit peu à l'actualité de la
 
toile et à l'impact des médias sur notre vision de la société, vous avez certainement entendu parler de la polémique née de l'exposition "Les Parisiens sous l'occupation" à la BHVP (Bibliothèque Historique de la Ville de Paris).

Pourquoi une polémique ?
L'exposition regroupe une centaine de photographies présentant une vie parisienne entre 40 et 44, ensoleillée, joyeuse, populaire, élegante et exempte de toute meurtrissure malgré l'occupation allemande. Ces clichés en couleur (rares pour l'époque) sont dûs à André Zucca, photographe anonyme avant la guerre, qui a collaboré à la publication "Signal" (revue de propagande nazie) et a bénéficié de la part de l'occupant de pellicules Agfacolor pour, le croit-on, fournir des images à une possible exposition de propagande qui n'a jamais eu lieu. La présence systématique du soleil est surtout dûe à la nécessité de disposer d'une lumière suffisante pour utiliser ces pellicules à la sensibilité peu importante (16 ASA seulement).
La polémique est montée essentiellement sur l'absence ou le peu de contradiction au sein l'exposition. Dans un premier temps, une simple mention en fin de visite permettait de remettre un peu de contexte par rapport aux images (explications sommaires sur l'auteur des clichés, rappel des conditions de vie quotidiennes comme le rationnement, les raffles, ...). Dans un second temps, ces avertissements ont été replaçés en début de visite et mis plus en valeur.

Les principales personnalités à être montées au créneau mettent en opposition les photographies célèbres ou moins de Doisneau pour défendre l'idée que l'exposition aurait pu se faire en présentant des clichés proches dans les sujets mais opposés dans l'esprit et la conception, offrant aux visiteurs une vision plus manichéenne de cette vie parisienne présentée comme insouciante.

Deux clichés, l'un coloré, sous le soleil, dans la joie, l'autre dans le gris, l'inquiétude, la solitude partagée.

.

Jardin du Luxembourg,
photographie d'André Zucca, mai 1942



Amour et barbelés,
photographie de Robert Doisneau, 1944

Evidemment, l'image de l'occupation qui est ancrée dans notre connaissance de la période, à juste titre d'ailleurs, est celle de ce couple d'amoureux, enlaçés pour mieux se protéger l'un l'autre, emprisonnés derrière des chevaux de frises mais où la perspective qui se dégage en arrière plan offre l'espoir indispensable d'une fuite.
Je dois préciser, pour être tout à fait franc, que le cliché de Zucca, à gauche, fait partie des quelques photos soupçonnées d'être mises en scène. C'est la présence en premier plan de la revue Signal qui jette un voile sur le caractère "pris sur le vif" de cette scène. Cependant, l'écrasante majorité des vues ne relève pas d'une mise en scène, même si on peut raisonnablement penser que les angles étaient soigneusement choisis pour mettre en valeur ce que le photographe désirait.

Les quartiers de viande envahissent les étals des Halles tandis que les parisiens font la queue avec leurs tickets de rationnement.


 
 Les meneurs de viande - les Halles,
photographie d'André Zucca, 1942
 

 Rue des Archives,
photographie d'André Gandner, août 1944

Mais jamais, dans les expositions sur Doisneau, pourtant fréquentes, ne sont présentés des clichés contradictoires montrant des parisiens occupés à bronzer sur les bords de Seine, ou paresant à la terrasse de cafés bondés.

Pourquoi vouloir tempérer une présentation dans un sens mais pas dans l'autre. Tout ceci me semble participer à la même logique qui voudrait qu'il ne faut pas attenter à l'image d'une France résistante et opressée. Tout comme, il y a quelques temps, un docu-fiction à succés, diffusé sur France 2 laissait à penser que la resistance était le mot d'ordre général d'un peuple qui grondait sous le joug nazi.

Ce serait à mon avis bien mal rendre hommage aux quelques courageux qui à force d'abnégation, ont peu à peu réveillé un sentiment patriotique dont la plupart avait fait leur deuil et dont beaucoup n'avaient que faire. Oui les parisiens ont souffert de l'occupation nazie, mais pour autant, il n'est pas inintéressant de montrer qu'une part non négligeable d'entre eux se satisfaisait de la situation en allant aux courses hyppiques, en buvant un verre à une terrasse dès que le soleil le permettait ...
Tous les français n'étaient pas résistants.
Le croire, serait prendre le risque d'avoir une vision angélique de notre pays et de son histoire.
Le croire, ce serait prendre le risque de perdre notre vigilance.




Par olivier huyghe - Publié dans : Denonce
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